Les syndicats appellent à la mise en place de garde-fous solides en matière d’IA pour protéger les travailleur·euse·s

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La CSI a fait part de son extrême préoccupation concernant l’adoption de technologies d’intelligence artificielle (IA) non réglementées lors d’une conférence internationale sur l’IA et le monde du travail, organisée à Paris par le ministère français du Travail et des Solidarités. Des représentants de gouvernements, d’organisations internationales, d’entreprises multinationales et des partenaires sociaux se sont réunis pour évaluer collectivement la manière dont l’IA transforme le monde du travail.

Une délégation de syndicats français, européens et internationaux, dont la CSI, a fait part de son extrême préoccupation quant au déploiement de ces technologies :

  • les risques de pertes d’emplois et de licenciements restent très répandus, outre les risques croissants d’intensification du travail, de surveillance intrusive et de détérioration des conditions de travail ;
  • le travail invisible dans le déploiement de l’IA a également suscité une profonde préoccupation. Une grande partie de la main-d’œuvre qui alimente ces technologies, notamment les étiqueteurs de données et les modérateurs de contenu, travaille souvent dans des conditions précaires, est faiblement rémunérée et ne bénéficie que d’une protection sociale inappropriée.

« Nous ne pouvons accepter un déploiement de l’IA qui génère des profits privés et socialise les coûts moyennant des pertes d’emplois massives et la détérioration des conditions de travail. L’IA doit profiter à tous, et pas seulement aux milliardaires de la technologie et aux actionnaires des entreprises. »Luc Triangle, secrétaire général de la CSI.

Luc Triangle a souligné que l’IA doit être gouvernée dans l’intérêt général : « L’IA doit être réglementée, comme lors des précédentes vagues de progrès technologiques. Les décideurs politiques doivent mettre en place et appliquer des garde-fous solides pour prévenir les violations des droits, la discrimination et les abus. Et, plus particulièrement, les syndicats – en tant que représentants démocratiques des travailleurs et des travailleuses – doivent pouvoir faire entendre leur voix en ce qui concerne la manière dont ces technologies sont conçues, déployées et gérées. Les technologies doivent être développées dans l’intérêt des travailleurs et des travailleuses et non à leur détriment ».

Les conclusions de cette conférence devraient influer sur les discussions internationales ultérieures concernant ces technologies, notamment le prochain Sommet sur l’impact de l’IA qui se tiendra en Inde.

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