Ce 18 septembre, date de la Journée internationale de l’égalité de rémunération, le moment est venu de transformer les engagements en actions concrètes.
La CSI salue l’action des syndicats aux niveaux national, régional et mondial pour faire progresser l’équité salariale, et exhorte les gouvernements, les employeurs et les syndicats à prendre immédiatement des mesures durables en vue de parvenir à un salaire égal pour un travail de valeur égale, et à la justice salariale pour tous et toutes.
L’égalité de rémunération pour un travail de valeur égale fait partie des principes et droits fondamentaux au travail figurant dans la convention n° 100 de l’OIT sur l’égalité de rémunération. Or, à l’échelle mondiale, le travail des femmes est toujours systématiquement sous-évalué et sous-payé. Les disparités salariales entre les hommes et les femmes demeurent une caractéristique persistante des marchés du travail à travers le monde, témoignant des obstacles profondément enracinés qui empêchent les femmes d’accéder à un emploi décent, de s’y maintenir et d’évoluer, de la ségrégation professionnelle fondée sur le genre, de la sous-évaluation du travail des femmes, de la charge que représentent les responsabilités inégales en matière de soins, et des systèmes de rémunération discriminatoires.
Atteindre l’équité salariale ne se limite pas à réduire l’écart salarial entre les hommes et les femmes. Il faut s’attaquer aux causes structurelles des inégalités de salaire et démanteler les systèmes qui sous-évaluent systématiquement le travail et les compétences des femmes.
Les syndicats occupent une place de premier plan pour lutter contre ces inégalités. Les stratégies syndicales œuvrent depuis longtemps pour un monde du travail égalitaire entre les femmes et les hommes et s’emploient à améliorer les salaires des femmes, à négocier des salaires vitaux, à mettre au point des outils pour combattre la ségrégation professionnelle et remédier à la sous-évaluation du travail et des compétences des femmes, et à éliminer les systèmes de rémunération discriminatoires. La liberté syndicale, le dialogue social et la négociation collective sont des instruments essentiels pour parvenir à ces objectifs.
Ces défis prennent un caractère de plus en plus urgent dans un monde du travail en pleine mutation. La numérisation et l’adoption rapide de l’intelligence artificielle redéfinissent les emplois, les compétences et les lieux de travail, tandis que les inégalités continuent d’augmenter et de toucher de manière disproportionnée les femmes et les jeunes travailleurs. Parallèlement, les atteintes à l’égalité des genres, aux droits des femmes et aux droits syndicaux menacent les institutions démocratiques et le pouvoir collectif nécessaires pour réaliser des avancées durables dans le temps.
Un programme porteur de changements en faveur de l’égalité des genres dans le monde du travail
La résolution de 2026 relative au programme porteur de changements de l’OIT en faveur de l’égalité des genres dans le monde du travail renouvelle l’engagement mondial visant à mettre fin à ces inégalités structurelles.
La résolution reconnaît que l’égalité des genres est un droit fondamental et qu’elle est indispensable pour un développement inclusif et durable. Elle appelle à renforcer les cadres juridiques et institutionnels et les cadres de contrôle de l’application de la législation relatifs à l’égalité et à la non-discrimination, et à promouvoir l’égalité de rémunération pour un travail de valeur égale, les politiques salariales, y compris le salaire vital, des conditions de travail décentes, l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, une protection sociale universelle, des services publics de qualité, des systèmes de sécurité et de santé au travail tenant compte des considérations de genre, ainsi que la protection contre la violence et le harcèlement, au moyen de la liberté syndicale, du dialogue social et de la négociation collective.
Elle demande des mesures qui promeuvent l’égalité de rémunération pour un travail de valeur égale et l’élimination des écarts de rémunération entre les femmes et les hommes, moyennant l’élaboration d’outils pratiques destinés aux entreprises et le renforcement des capacités des mandants, en mettant à profit la Coalition internationale pour l’égalité salariale (EPIC).
Rôle capital des syndicats pour concrétiser l’équité salariale
Le guide de la CSI intitulé « Équité salariale : comment les syndicats peuvent obtenir un salaire égal pour un travail de valeur égale », publié en février 2026, propose aux syndicats des stratégies pratiques pour renouveler et renforcer leur action en direction de l’équité salariale. Ces stratégies portent notamment sur la transparence des salaires et la communication d’informations sur les disparités salariales entre les femmes et les hommes, l’évaluation des emplois exempte de préjugés liés au genre, la négociation collective sur l’équité salariale, les salaires vitaux et les stratégies permettant d’améliorer les salaires et les droits des travailleurs et travailleuses informels.
Les syndicats savent que la législation seule ne suffira pas pour atteindre l’équité salariale. Les travailleurs doivent disposer du pouvoir collectif de lutter contre la discrimination, de négocier des salaires justes et de redéfinir les structures qui déterminent la valeur du travail.
« Pour instaurer la démocratie pour les femmes au travail et dans la société, il faut éliminer la discrimination structurelle, reconnaître la valeur du travail rémunéré et non rémunéré des femmes, et rééquilibrer les rapports de force dans nos économies, nos sociétés et nos lieux de travail. Aucune travailleuse ne devrait avoir à attendre plus longtemps : nous exigeons des mesures maintenant. »Luc Triangle, secrétaire général de la CSI
En tant que membre de l’EPIC, la CSI entend mettre en lumière les actions syndicales sur l’équité salariale lors des manifestations organisées à Dublin, en Irlande :
- Réunion annuelle 2026 du Comité directeur et technique de l’EPIC : Promouvoir des politiques et des pratiques favorables à l’égalité salariale – 17-18 septembre.
- Journée internationale de l’égalité de rémunération 2026 – 18 septembre.
L’EPIC, créée en 2017 et coordonnée par l’OIT, l’OCDE et ONU Femmes, a un rôle important à jouer pour accélérer l’action visant à réduire l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes, conformément l’ODD 8.5.
